Ebola en Ituri : déplacements de population et retard de dépistage compliquent la riposte (MSF)
Malgré les efforts importants déployés contre l’épidémie d’Ebola en Ituri, plusieurs défis continuent de freiner l’efficacité de la riposte, notamment la surveillance épidémiologique et les mouvements massifs de population.
Au cours d’un échange avec la presse à Bunia, le coordonnateur des urgences de Médecins Sans Frontières (MSF), Frédéric Manantua, a souligné la complexité de la situation sanitaire dans une province marquée par l’insécurité et les déplacements constants des populations.
Selon lui, les flux commerciaux et les mouvements de populations entre Mongwalu, Nizi, Bunia, Komanda, Mahagi et plusieurs autres agglomérations augmentent considérablement les risques de propagation du virus.
« La surveillance reste aujourd’hui un défi majeur. Même si les moyens sont déployés, l’épidémie progresse rapidement et les déplacements de population compliquent l’identification précoce des cas », a-t-il expliqué.
MSF attire également l’attention sur les difficultés liées au dépistage. Malgré les progrès réalisés par les équipes de riposte, de nombreux patients attendent encore plusieurs jours avant d’obtenir les résultats de leurs tests.
Selon l’organisation, cette situation ne résulte pas d’un manque d’engagement des équipes sanitaires mais plutôt du volume élevé de cas à analyser.
Face à cette réalité, MSF plaide pour une décentralisation rapide des capacités de dépistage et des structures de prise en charge afin d’éviter que les malades ne convergent vers les grandes villes avant d’être identifiés.
L’organisation estime que l’installation de centres de traitement et de dispositifs de surveillance dans les zones rurales demeure l’une des priorités pour contenir efficacement l’épidémie à sa source.
Rédaction
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