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Sud-Kivu : le PNKB face aux menaces qui pèsent sur les gorilles de Grauer

À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, célébrée ce 27 septembre, les inquiétudes restent vives autour de l’avenir du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), au Sud-Kivu. L’instabilité sécuritaire qui affecte la région depuis plusieurs années perturbe les activités de conservation et prive également le parc de son activité touristique.

Le PNKB, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, abrite notamment le gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri), une espèce endémique de l’est de la République démocratique du Congo. Le parc est actuellement fermé aux visiteurs, selon les informations publiées par sa direction, tandis que certaines activités de conservation reprennent progressivement.

La sécurité perturbe la conservation

Lors d’un forum organisé à Bukavu le 24 septembre à l’occasion de la Journée mondiale du gorille, le directeur chef de site du PNKB, le docteur Arthur Kalonji, a décrit les conséquences de l’insécurité sur le fonctionnement du parc. Selon lui, l’absence prolongée des écogardes dans certaines zones a favorisé les activités illégales et rendu plus difficile le suivi de la faune et de la flore.

La coupe de bois, les feux, l’exploitation minière, l’agriculture, les pièges de chasse et d’autres activités affectent les habitats naturels. La direction du parc souligne également que l’instabilité sécuritaire empêche les équipes d’accéder à certaines zones pour assurer la surveillance et le suivi scientifique.

Des données scientifiques qui appellent à la prudence

Le gorille de Grauer reste particulièrement vulnérable. Une étude présentée en septembre 2026 au Congrès de la Société africaine de primatologie, basée sur un inventaire réalisé en 2024 dans le secteur de haute altitude de Tshivanga, a estimé à 219 individus la population de gorilles sevrés dans la zone étudiée, avec un intervalle de confiance allant de 107 à 446 individus. Cette estimation ne concerne toutefois pas l’ensemble du parc et doit être interprétée avec prudence.

La pression exercée sur l’habitat constitue également une menace pour l’ensemble de la biodiversité du PNKB. La direction du parc rapporte notamment la présence de pièges de chasse, de charbon de bois, de bois coupé et de matériels liés à l’exploitation des ressources naturelles. Elle redoute que le gorille de Grauer ne connaisse un sort comparable à celui de certaines espèces aujourd’hui disparues de certaines parties du parc.

Une reprise progressive des activités

Malgré ces difficultés, le PNKB annonce une reprise progressive de certaines activités de conservation. Le retour des écogardes à Itebero, dans le territoire de Walikale, après plus d’un an d’absence, constitue notamment l’un des signes de cette reprise.

La direction du parc appelle les autorités, les scientifiques, les médias, les acteurs du tourisme et les communautés riveraines à renforcer leurs efforts en faveur de la conservation. Pour les acteurs réunis à Bukavu, la protection du gorille de Grauer passe aussi par la sécurisation du parc et la participation des populations vivant autour de cette aire protégée.

Le défi est donc double : restaurer progressivement les conditions de sécurité permettant aux équipes de conservation de travailler et préserver les habitats dont dépendent les gorilles de Grauer et les autres espèces du PNKB. La reprise du tourisme devra, elle aussi, dépendre de l’évolution de la situation sécuritaire et des conditions d’accès au parc.

Saint Olivier ELOIM

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