Rwanda : Dafroza Gauthier, la traqueuse de génocidaires, s’est éteinte à 72 ans
*Rwanda : Dafroza Gauthier, la traqueuse de génocidaires, s’est éteinte à 72 ans*Militante franco-rwandaise infatigable, Dafroza Gauthier est morte ce samedi 03 octobre 2026 à Reims, des suites d’un cancer, à l’âge de 72 ans. Elle aura consacré près de 30 ans de sa vie à traquer les responsables du génocide des Tutsis au Rwanda.Fondatrice du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), elle formait avec son mari Alain Gauthier un duo surnommé « les Klarsfeld du Rwanda ». Leur abnégation et leur travail bénévole ont permis d’ouvrir une longue série de procès en France, à commencer par celui de Pascal Simbikangwa en 2014, ancien chef du renseignement du président Habyarimana.*Une vie marquée par la violence*Née Dafroza Mukarumongi le 4 août 1954 à Butare, dans le sud du Rwanda, dans une famille d’éleveurs tutsi, elle connaît très tôt la persécution. En 1960, son instituteur est décapité, sa maison brûlée. En 1973, sa mère l’envoie au Burundi pour la protéger, avant qu’elle ne rejoigne la France où elle retrouve Alain Gauthier, rencontré à Butare. Ils se marient en 1977.Sa vie bascule en 1994. En visite à Kigali fin février, elle tente en vain de faire fuir sa famille. Elle ne la reverra jamais. Sa mère est abattue le 8 avril 1994 dans une paroisse où elle s’était réfugiée. Au total, 70 à 80 membres de sa famille maternelle sont exterminés.Depuis, elle n’a eu qu’un seul mot d’ordre : *« La justice, pas la vengeance ».**Un sacerdoce jusqu’au dernier souffle*« C’était une grande personnalité. La justice perd quelqu’un de très important, une personne qui n’avait pas de limites quand il s’agissait de mettre les personnes qui ont commis le génocide contre les Tutsis devant la justice. C’était son sacerdoce et elle l’a fait jusqu’à son dernier souffle », a réagi Christophe Renzaho, président de la Communauté rwandaise de France.Saint Olivier ELOIM
Fondatrice du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), elle formait avec son mari Alain Gauthier un duo surnommé « les Klarsfeld du Rwanda ». Leur abnégation et leur travail bénévole ont permis d’ouvrir une longue série de procès en France, à commencer par celui de Pascal Simbikangwa en 2014, ancien chef du renseignement du président Habyarimana.
Une vie marquée par la violence
Née Dafroza Mukarumongi le 4 août 1954 à Butare, dans le sud du Rwanda, dans une famille d’éleveurs tutsi, elle connaît très tôt la persécution. En 1960, son instituteur est décapité, sa maison brûlée. En 1973, sa mère l’envoie au Burundi pour la protéger, avant qu’elle ne rejoigne la France où elle retrouve Alain Gauthier, rencontré à Butare. Ils se marient en 1977.
Sa vie bascule en 1994. En visite à Kigali fin février, elle tente en vain de faire fuir sa famille. Elle ne la reverra jamais. Sa mère est abattue le 8 avril 1994 dans une paroisse où elle s’était réfugiée. Au total, 70 à 80 membres de sa famille maternelle sont exterminés.
Depuis, elle n’a eu qu’un seul mot d’ordre : « La justice, pas la vengeance ».
Un sacerdoce jusqu’au dernier souffle
« C’était une grande personnalité. La justice perd quelqu’un de très important, une personne qui n’avait pas de limites quand il s’agissait de mettre les personnes qui ont commis le génocide contre les Tutsis devant la justice. C’était son sacerdoce et elle l’a fait jusqu’à son dernier souffle », a réagi Christophe Renzaho, président de la Communauté rwandaise de France.
Saint Olivier ELOIM
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