Mambasa : plus de 8 000 enfants privés d’école, l’APDEF alerte sur une situation préoccupante
À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain célébrée ce 16 juin, l’Association pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme (APDEF) de Mambasa tire la sonnette d’alarme sur la situation critique que vivent de nombreux enfants dans ce territoire de l’Ituri.
Selon les données collectées par son équipe de monitoring durant les six premiers mois de l’année 2026, des milliers d’enfants continuent d’être exposés à diverses formes de violences, d’exploitation et de privation de leurs droits fondamentaux.
Le coordonnateur territorial de l’APDEF, Ram’s Malikidogo, révèle que plus de 8 000 enfants en âge scolaire ne fréquentent actuellement aucun établissement scolaire. Parmi eux, 518 ont abandonné les études depuis la dernière rentrée scolaire, tandis que plus de 100 enfants orphelins survivent sans aucune assistance.
L’organisation s’inquiète également de l’ampleur des violences faites aux mineurs. Vingt-et-un cas de viol impliquant des enfants âgés de 4 à 16 ans ont été documentés. L’APDEF dénonce aussi l’exploitation sexuelle de 66 mineurs dans des maisons de tolérance ainsi que l’utilisation de 89 enfants dans des cafés et débits de boissons.
La situation sécuritaire reste également préoccupante. Douze enfants auraient été recrutés par des groupes armés locaux, tandis que plusieurs autres figurent parmi les victimes des violences attribuées aux rebelles ADF. Dix-huit enfants sont actuellement portés disparus.
À cela s’ajoute le phénomène du travail des enfants. L’ONG rapporte que 216 enfants âgés de 7 à 12 ans sont contraints de vendre divers produits dans les rues de Mambasa pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Face à ce tableau alarmant, Ram’s Malikidogo appelle les autorités, les organisations humanitaires et les partenaires de protection de l’enfance à renforcer leurs interventions.
« Ces enfants déscolarisés, abandonnés ou livrés à eux-mêmes risquent de devenir demain des personnes vulnérables ou des acteurs de l’insécurité. Ils ont besoin d’encadrement, de protection et d’un avenir meilleur », a-t-il déclaré.
L’APDEF rappelle que la Journée de l’Enfant Africain est une occasion de réfléchir aux droits des enfants et à la responsabilité collective de garantir leur protection, leur éducation et leur épanouissement.
Saint Olivier Eloim
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