Lubumbashi : la journée « ville morte » entre ralentissement des activités et reprise progressive
L’opération « ville morte » décrétée par l’opposition politique en République démocratique du Congo a connu un impact contrasté à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Si plusieurs secteurs ont enregistré une baisse d’activités en début de journée, une reprise progressive a été observée au fil des heures dans plusieurs quartiers de la ville.
Dès la matinée, certaines grandes artères de Lubumbashi présentaient une affluence inhabituelle. Sur la route Kipushi, entre le centre-ville et le marché Mimbulu, communément appelé Matshipisha, la circulation est demeurée relativement fluide, loin des embouteillages qui caractérisent habituellement cet axe stratégique.
Le même constat a été fait dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Bel-Air et sur le boulevard Chaussée de Kasenga, où les mouvements de véhicules et de piétons sont restés moins importants qu’à l’accoutumée.
Au centre-ville, la fréquentation a également connu un net ralentissement. À la place de la Poste, l’un des points les plus animés de Lubumbashi, seuls quelques passants étaient visibles durant une bonne partie de la matinée. Plusieurs commerces ont gardé leurs portes fermées, tandis que certains vendeurs des marchés publics ont préféré suspendre leurs activités.
Les conducteurs de motos-taxis ont également rapporté une baisse sensible du nombre de clients, conséquence d’une mobilité réduite dans plusieurs secteurs de la ville.
Le secteur éducatif a lui aussi ressenti les effets de cette journée. Bien que les écoles soient restées ouvertes, plusieurs établissements ont enregistré des absences d’élèves. À l’Université de Lubumbashi, notamment à la Faculté des Lettres, la présence des étudiants dans les auditoires est restée faible selon des observations effectuées sur place.
Toutefois, il reste difficile d’évaluer avec précision les motivations ayant conduit à cette baisse d’affluence. Si certains observateurs y voient une adhésion partielle au mot d’ordre lancé par l’opposition, d’autres estiment que de nombreux habitants ont simplement préféré limiter leurs déplacements par prudence.
Plusieurs parents ont notamment choisi de garder leurs enfants à domicile, tandis que certains commerçants ont indiqué avoir fermé leurs boutiques par crainte d’éventuels incidents.
À la veille de cette journée, les autorités provinciales et urbaines avaient pourtant appelé la population à poursuivre normalement ses activités, rappelant que le mercredi 3 juin demeurait une journée ouvrable. Elles avaient également assuré que les dispositifs sécuritaires nécessaires étaient déployés pour préserver l’ordre public.
Au terme de cette journée, le bilan apparaît donc nuancé. Entre ralentissement visible dans certains secteurs et reprise progressive des activités dans d’autres, l’impact de l’appel à la « ville morte » continue de susciter des interprétations divergentes au sein de l’opinion publique à Lubumbashi.
César Marcelo, depuis Lubumbashi
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