Ituri sous Luboya : La paix comme choix politique, le pardon comme méthode de gouvernance
« Heureux ceux qui procurent la paix » (Matthieu 5, 9). Cette parole biblique résume, pour de nombreux observateurs, l’orientation imprimée à la gouvernance de la province de l’Ituri depuis l’instauration de l’état de siège. À la tête de cette administration exceptionnelle, le Lieutenant-Général Johnny Luboya N’kashama, Commandant des opérations et Gouverneur militaire, s’est imposé comme l’un des visages les plus marquants de la quête de paix, de réconciliation et de vivre-ensemble dans une province longtemps meurtrie par les conflits armés.
Décrété par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’état de siège avait pour objectif principal de restaurer l’autorité de l’État et de ramener la sécurité dans une région en proie à des violences récurrentes. Près de cinq ans plus tard, l’Ituri demeure intacte dans ses limites territoriales et enregistre des avancées progressives vers la stabilisation sécuritaire, aussi bien dans la ville de Bunia que dans l’ensemble des cinq territoires de la province.
Des avancées réelles dans un contexte complexe

La situation sécuritaire, bien que toujours fragile, s’est progressivement améliorée. La reprise des activités économiques, la circulation sur plusieurs axes routiers et le retour partiel de certaines populations déplacées témoignent d’un climat plus apaisé qu’auparavant. Ces acquis sont largement attribués à la restauration graduelle de l’autorité de l’État et à la présence renforcée des forces de défense et de sécurité.
Cependant, cette dynamique n’a pas été exempte de résistances. L’administration militaire a dû faire face à des campagnes de dénigrement, des attaques verbales, des menaces et des tentatives de discrédit provenant de certains acteurs politiques, de segments de la société civile, de leaders communautaires et d’individus liés à des groupes armés. Parfois amplifiées au niveau provincial ou national, ces attaques visaient autant la personne du Gouverneur militaire que sa gestion de la province.
La retenue face à la polémique
Malgré ces pressions, le Gouverneur militaire est resté fidèle à une ligne de conduite marquée par la retenue, la sagesse et le refus de l’escalade. Loin de répondre par la confrontation, il a privilégié l’apaisement, le dialogue et le pardon, adoptant une posture que beaucoup décrivent comme paternelle et rassembleuse.
Cette attitude s’est traduite par une politique assumée de réconciliation. Plusieurs personnalités et acteurs sociopolitiques ayant, à un moment donné, tenu des propos hostiles ou diffamatoires à l’égard de l’administration militaire ont, après reconnaissance de leurs torts, bénéficié du pardon du Gouverneur. Cette approche a concerné notamment des leaders communautaires, des responsables associatifs et d’anciens membres de mouvements armés, tous réintégrés dans une dynamique de dialogue et de reconstruction du tissu social.
Le pardon comme outil de pacification

La politique de pardon prônée par le Gouverneur militaire ne s’est pas limitée à des déclarations de principe. Elle s’est traduite par des actes concrets, touchant des personnalités issues de divers horizons sociopolitiques, communautaires et même armés. Plusieurs acteurs ayant, à un moment donné, tenu des propos hostiles, diffamatoires ou ouvertement incendiaires à l’endroit de l’administration militaire ont, après avoir reconnu leurs torts, bénéficié du pardon du Gouverneur.
Cette démarche, résolument humaniste et inclusive, a contribué à désamorcer des tensions parfois vives et à restaurer un dialogue intercommunautaire longtemps fragilisé par la méfiance et les conflits. Elle a également permis de rétablir des passerelles entre l’autorité provinciale et certaines franges de la société autrefois en rupture avec l’administration.
Dans cet esprit de réconciliation et de cohésion sociale, le Chef Kakwa a ainsi bénéficié du pardon du Gouverneur militaire. Le même geste d’apaisement a été accordé à plusieurs autres personnalités et groupes, notamment Charles Kankani, David Unyerto, les membres du groupe TENGO, d’anciens membres de la CRP, Maître Jean-Claude Ngadjole, président de l’Association culturelle ENTE, Vicky Ngona, membre du G5, ainsi que Luc Malembe.
Tous ont été accueillis dans une démarche fondée sur le pardon, le dialogue et la reconstruction du tissu social. À travers ces gestes, le Gouverneur militaire a clairement affiché sa volonté de placer la paix, le vivre-ensemble et l’unité de la province au-dessus des différends passés, privilégiant l’intérêt supérieur de l’Ituri à toute logique de revanche ou d’exclusion.
Un autre cas emblématique demeure celui des réactions consécutives à l’assassinat d’un journaliste par des bandits armés. Alors que les services de sécurité s’étaient immédiatement mobilisés pour traquer les auteurs, certaines prises de position hâtives ont tenté d’imputer la responsabilité à l’autorité provinciale. Là encore, le Gouverneur militaire a privilégié l’écoute et le dialogue, évitant que l’émotion ne dégénère en crise institutionnelle ou communautaire.

Cette politique d’ouverture s’est également étendue à certains membres de groupes armés. Sensibilisés par les messages de paix et de réconciliation, plusieurs ont accepté de renoncer à la violence et de réintégrer la vie civile, dans le cadre du processus de pacification engagé en Ituri.
Vers une paix durable et inclusive
À l’horizon 2026, le Gouvernement militaire affiche une ambition claire : renforcer durablement le vivre-ensemble et la cohésion sociale. La conviction est largement partagée que la paix en Ituri ne peut être durable sans le pardon, la réconciliation et la reconnaissance mutuelle entre les communautés. Aucune d’elles ne pouvant prétendre vivre ou prospérer durablement sans les autres.
En définitive, la gouvernance du Lieutenant-Général Johnny Luboya N’kashama se distingue par une combinaison de fermeté sécuritaire et de force morale. En s’appuyant à la fois sur l’approche militaire et non militaire, il incarne une vision de leadership fondée sur l’unité, le pardon et la responsabilité collective.
Dans une province longtemps marquée par les fractures communautaires, cette orientation fait de la paix non seulement un objectif politique, mais aussi un choix éthique. Une paix encore fragile, mais patiemment construite, au nom de l’avenir de l’Ituri et de ses populations.
Rédaction
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