Ituri : le projet RESET redonne espoir aux victimes des conflits, le témoignage émouvant de Bokili Eugénie
Les conflits armés laissent des blessures profondes, souvent invisibles, chez les populations civiles. À Makayanga, dans le territoire d’Irumu, Bokili Eugénie est aujourd’hui le symbole d’une reconstruction possible grâce au projet RESET, financé par le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO).
Veuve après l’assassinat de son époux par les rebelles ADF, Bokili Eugénie raconte avoir retrouvé la paix intérieure grâce à l’accompagnement psychosocial reçu dans le cadre du projet. Membre d’un groupe de sociothérapie à base communautaire de Makayanga, elle a bénéficié de l’encadrement des facilitateurs et des psychologues de l’Action pour la Protection Communautaire (APC).
Au cours de quinze séances thérapeutiques, elle a pu exprimer les souffrances enfouies liées à la perte de son mari et aux atrocités vécues. Les échanges avec d’autres survivantes lui ont permis de comprendre qu’elle n’était pas seule, tout en recréant des liens de solidarité au sein de sa communauté.
« La perte de mon époux dans les atrocités des ADF m’avait tout enlevé. Pendant longtemps, je vivais dans l’ombre et la peur, écrasée par la douleur. Grâce aux séances de sociothérapie accompagnées par l’équipe d’APC dans le cadre du projet RESET, j’ai trouvé la force de surmonter ce traumatisme. Aujourd’hui, je me déclare guérie. Le souvenir de mon mari reste gravé dans mon cœur, mais la souffrance ne me paralyse plus. Je suis de nouveau prête à participer à la vie de notre communauté et à aller de l’avant », témoigne Bokili Eugénie.
Grâce à l’approche de Santé mentale et soutien psychosocial (SMSPS), le projet RESET offre aux personnes affectées par les conflits des outils leur permettant de mieux gérer les traumatismes et de retrouver une vie sociale active. Aujourd’hui, Bokili Eugénie est pleinement réintégrée dans la communauté de Makayanga et participe de nouveau aux activités collectives.
Son parcours illustre l’impact positif du soutien psychosocial dans la reconstruction des victimes des violences armées en Ituri. Il rappelle également que la guérison des traumatismes constitue un élément essentiel pour renforcer la résilience et la cohésion des communautés touchées par les conflits.
Le projet RESET est mis en œuvre par un consortium composé de Mercy Corps, de l’OIM, de SOFEPADI, d’APC, de Justice Plus et de CORACON, avec l’appui financier du FCDO.
Rédaction
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