Ituri : la grève des prestataires de la riposte contre Ebola ravive les questions sur la gestion des fonds
La suspension des activités par les prestataires de santé impliqués dans la riposte contre la maladie à virus Ebola à l’hôpital de Rwampara, en périphérie de Bunia, suscite des interrogations sur la gestion des financements alloués à la lutte contre l’épidémie.
Ces agents de première ligne réclament le paiement de leurs primes, malgré l’annonce de plusieurs enveloppes financières destinées aux opérations de riposte. Leur mouvement de grève intervient dans un contexte où les interventions de terrain restent essentielles pour contenir la propagation de la maladie.
Selon des sources officielles, le gouvernement congolais aurait déjà mobilisé 50 millions de dollars américains pour soutenir la riposte. Par ailleurs, la Banque mondiale a annoncé le 2 juillet 2026 un financement de 46 millions de dollars destiné aux zones de santé affectées, tandis que plus de 25 millions de dollars auraient été engagés pour les premières interventions d’urgence.
Malgré ces ressources annoncées, les prestataires affirment ne pas avoir perçu leurs rémunérations, une situation à l’origine de leur mouvement de grève. Cette réalité soulève des préoccupations sur les mécanismes de décaissement et de distribution des fonds destinés aux équipes opérationnelles.
Pour l’acteur politique Luc Malembe, cette situation reflète des difficultés persistantes dans la chaîne de gestion de la riposte. Il rappelle avoir déjà alerté, le 12 juin 2026, sur les insuffisances en moyens financiers et logistiques affectant les équipes déployées dans plusieurs zones de santé.
Alors que l’Ituri reste confrontée à la 17ᵉ épidémie d’Ebola, plusieurs observateurs estiment que cette grève pourrait fragiliser les efforts de réponse sanitaire. Ils appellent à une accélération des procédures de paiement afin de garantir la continuité des activités de terrain.
Dans ce contexte, la reprise rapide des services des équipes de première ligne apparaît comme un enjeu central pour maintenir l’efficacité de la riposte et limiter les risques de propagation de la maladie.
Rachidi Kudra depuis Bunia
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