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Ituri : Des acteurs congolais et ougandais évaluent la lutte contre l’extrémisme violent transfrontalier

Des acteurs engagés dans la prévention de l’extrémisme violent en République démocratique du Congo et en Ouganda se sont réunis le 19 mai 2026 dans le cadre du projet « Paix au-delà des frontières » afin d’évaluer l’évolution de la situation sécuritaire dans les zones frontalières et de définir des actions communes pour renforcer la lutte contre les violences transfrontalières.

Organisée par Paul Institute en partenariat avec l’organisation ougandaise Prospect, cette rencontre a réuni plusieurs intervenants impliqués dans la prévention de l’extrémisme violent dans la région des Grands Lacs.

Selon Emmanuel Bahati, membre de la Commission provinciale de médiation (CPM), les échanges ont permis de dresser un état des lieux de la situation sécuritaire depuis les dernières rencontres et d’identifier les défis persistants.

« Nous avons commencé par faire un état des lieux afin d’évaluer comment les choses ont évolué. Visiblement, nous devons affirmer que la situation n’a pas évolué positivement », a-t-il indiqué.

Pour lui, l’activisme des rebelles ADF demeure l’une des principales manifestations de l’extrémisme violent dans la région. Bien que les opérations conjointes menées par les FARDC et l’UPDF se poursuivent, les groupes armés continuent d’étendre leur influence à l’intérieur du territoire congolais.

« Il n’y a pas longtemps, on parlait des ADF comme d’un phénomène davantage localisé vers la frontière. Aujourd’hui, force est de constater qu’ils continuent à pénétrer à l’intérieur même de la RDC malgré les efforts conjoints menés par les FARDC et l’UPDF », a expliqué Emmanuel Bahati.

Face à cette réalité, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération transfrontalière afin de garantir une circulation rapide et efficace des informations sécuritaires.

Parmi les pistes de solution évoquées figurent le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’amélioration du partage d’informations entre les acteurs des deux pays ainsi qu’une collaboration plus étroite entre les autorités civiles, militaires et les communautés locales.

Les participants ont également rappelé que la lutte contre l’extrémisme violent ne peut être efficace sans l’implication active des populations vivant dans les zones affectées.

À travers le projet « Paix au-delà des frontières », les acteurs espèrent renforcer la résilience communautaire, améliorer les mécanismes d’alerte et établir des actions conjointes capables de réduire l’influence et l’impact des groupes extrémistes dans la région.

Depuis le lancement du projet, plusieurs résultats sont déjà visibles, notamment la mise en place de cadres de concertation à Beni, Bunia, Irumu et Mambasa ; le renforcement des capacités des acteurs étatiques, des leaders communautaires et des victimes de l’extrémisme violent ; la création d’associations de victimes et leur formation aux techniques de résolution pacifique des conflits ; l’appui aux dialogues communautaires sur les conditions de vie des déplacés à Kasindi et Bunia ; ainsi que des campagnes de sensibilisation menées à travers un réseau de dix radios partenaires en Ituri et au Nord-Kivu.

Papy Kilongo depuis Bunia

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