Ituri : Bruno Akilisende reste sceptique quant au retour précipité de déplacés, alors que les FARDC envisagent la réintégration des villages
Alors que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) affirment une amélioration progressive de la situation sécuritaire dans plusieurs zones de l’Ituri et encouragent les déplacés internes à regagner leurs villages d’origine, certaines voix de la société civile appellent à plus de prudence.
Le coordonnateur de la Dynamique des Acteurs Sociopolitiques de l’Ituri, Bruno Akilisende Exaucé, estime que le retour des populations ne devra intervenir qu’une fois les armes illégalement détenues par de civils auront totalement été récupérées par l’État.
Selon lui, « il est prématuré d’exposer les familles à de nouveaux risques tant que l’État congolais n’a pas la pleine maîtrise sécuritaire du terrain ». Il rejette également l’argument avancé par le porte-parole de l’armée en Ituri, selon lequel, l’insalubrité et le manque d’assistance dans les sites de déplacés justifieraient leur retour immédiat.
« Qui doit assurer cette assistance si ce n’est le gouvernement et ses partenaires ? », s’interroge-t-il, appelant plutôt à sécuriser durablement les villages pour permettre un retour organisé et escorté par les FARDC et la MONUSCO.
De leur côté, les FARDC assurent avoir renforcé leur présence dans plusieurs localités sensibles. Elles alertent toutefois que des groupes armés notamment la CRP, utilisent certains sites de déplacés comme boucliers humains, rendant les conditions de vie encore plus dangereuses.
Le commandement militaire affirme que le retour progressif des familles s’effectuera avec un accompagnement sécuritaire afin de réduire les risques de nouvelles attaques.
Notons que la question sur la volonté militaire d’accélérer le retour de déplacés internes continue de susciter un débat au sein de l’opinion iturienne. Certaines couches de la population appellent à une approche ordonnée du processus de ce retour.
Rachidi Kudra, depuis Bunia
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