Irumu : CORACON relance le débat dans une émission publique sur le mariage civilo-policier et militaire à komanda
La consolidation de la collaboration entre la population, la police et l’armée passe notamment par l’intensification du Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion Communautaire et Stabilisation (PDDRC-S) en faveur des groupes armés locaux encore actifs dans la région. C’est l’une des principales recommandations formulées par Sidabo Gustave Kakani, président honoraire de la société civile de la chefferie des Basili, lors d’une émission publique organisée par le Collectif des Radios et Télévisions Communautaires du Nord-Kivu (CORACON), à l’occasion de la Journée mondiale de la radio célébrée chaque 13 février.
Selon cet acteur de la société civile, l’activisme persistant des groupes armés fragilise la confiance entre la population et les forces de sécurité, surtout lorsque les civils sont victimes d’exactions. Il a ainsi plaidé pour un renforcement du déploiement des policiers et militaires dans les zones les plus exposées, ainsi que pour l’extension des patrouilles afin de mieux sécuriser les personnes et leurs biens.
Tenue le vendredi 20 février 2026 à Komanda, dans la chefferie des Basili en territoire d’Irumu, à environ 75 kilomètres de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, cette émission publique a rassemblé plus de cinquante participants. Autorités sécuritaires et coutumières, représentants de la société civile, professionnels des médias et citoyens ont échangé autour du thème : « Amélioration de la gouvernance sécuritaire locale : rôle des autorités, de la société civile et des médias ».
Au cours des discussions, plusieurs intervenants ont dénoncé des tracasseries attribuées à certains éléments de sécurité aux barrières routières, estimant que ces pratiques contreviennent aux instructions en vigueur et risquent d’alimenter des tensions communautaires.
Invité comme panéliste, le commandant de la Police Nationale Congolaise (PNC) à Komanda, le Commissaire Supérieur Adjoint Steve Bukasa Badibanga, a appelé à une meilleure appropriation des textes légaux par la population. Il a encouragé la société civile, les médias et les organisations humanitaires à intensifier les actions de sensibilisation afin de distinguer clairement les mesures prévues par la loi des abus éventuels. D’après lui, certaines incompréhensions liées aux infractions et aux amendes découlent d’une méconnaissance des dispositions légales.
Le responsable policier a également exhorté les jeunes à intégrer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police, soulignant que le sous-effectif constitue l’un des défis majeurs des services de sécurité dans la région. Il a par ailleurs précisé que certaines préoccupations soulevées relèvent de la compétence du gouvernement provincial, notamment en ce qui concerne le respect des accords conclus avec les groupes armés locaux pour favoriser un climat de stabilité.
Marquée par des échanges directs entre autorités et citoyens, cette activité a mis en évidence la volonté des acteurs locaux de renforcer la confiance mutuelle et de promouvoir une gouvernance sécuritaire plus participative.
L’émission s’inscrit dans le cadre du projet RESET (Stabilisation réactive par la transition), mis en œuvre en territoire d’Irumu par un consortium composé de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Justice Plus, Action pour la Paix et la Concorde (APC), CORACON et Mercy Corps, chef de file, avec l’appui de UKAID. D’une durée de trois ans, ce projet vise à soutenir les dynamiques locales de stabilisation.
Partenaire du programme, l’OIM a notamment appuyé plusieurs sessions de renforcement des capacités au profit des éléments de la PNC dans différentes chefferies et secteurs d’Irumu. Une initiative saluée par les autorités locales, qui y voient un pas important vers l’amélioration durable des relations entre la police et les communautés.
Olivier Okande, depuis Komanda.
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