Haut-Katanga : l’absence prolongée du gouverneur Jacques Kyabula attise tensions politiques et débats juridiques
Dans la province du Haut-Katanga, l’absence prolongée du gouverneur Jacques Kyabula Katwe continue d’alimenter les débats politiques et juridiques. Entre procédures judiciaires, interrogations sur la continuité institutionnelle et ralentissement de certains projets publics, la situation entretient un climat d’incertitude au sein de l’exécutif provincial.
La controverse s’est accentuée après l’initiative du juriste et acteur politique Justin Kyela Ngoy, président du parti Vent d’avenir, qui a saisi la justice contre le bureau de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Il reproche à l’organe délibérant de ne pas avoir adopté de position formelle face à l’absence prolongée du gouverneur, estimant qu’une telle situation devrait entraîner une décision institutionnelle claire.
Le président de l’Assemblée provinciale affirme, de son côté, être disposé à comparaître et à défendre la position de son institution devant les juridictions compétentes.
Les interrogations remontent à juillet 2025. Après une période d’absence remarquée, le gouverneur s’était brièvement manifesté avant de se rendre à Kinshasa le 28 juillet, à la suite d’une convocation du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Depuis ce déplacement, aucune communication officielle n’a précisé la date ou les modalités de son retour dans la province.
En attendant, l’intérim est assuré par Martin Kazembe. Toutefois, conformément aux principes encadrant la gestion des entités territoriales décentralisées en période d’intérim, son action demeure limitée aux affaires courantes. Plusieurs projets structurants, notamment dans le secteur des infrastructures routières, se trouvent ainsi ralentis ou suspendus.
Des rumeurs ont également évoqué la possibilité d’un remaniement du gouvernement provincial sous l’autorité de l’intérimaire. Une hypothèse jugée juridiquement sensible par plusieurs observateurs, dans la mesure où l’intérim ne permet généralement pas d’engager des réformes structurelles majeures. Le président de l’Assemblée provinciale a démenti toute démarche officielle en ce sens.
Intervenant sur Radio Okapi, Justin Kyela Ngoy a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction institutionnelle. Selon lui, la durée de l’absence du gouverneur devrait conduire à constater une vacance de fait et à envisager l’organisation de nouvelles élections pour rétablir la normalité administrative.
Alors que la procédure judiciaire suit son cours, la province du Haut-Katanga se retrouve au centre d’un débat mêlant interprétation du droit, responsabilité politique et exigence de continuité de l’action publique. L’issue des démarches engagées devant la justice pourrait s’avérer déterminante pour l’avenir institutionnel de la province.
César Marcelo, depuis Lubumbashi
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