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État de siège en Ituri : un journaliste assassiné à Bunia, les autorités absentes aux funérailles

La cérémonie funéraire du journaliste Thierry Lole, figure emblématique du paysage médiatique de l’Ituri, s’est tenue ce lundi 5 janvier 2026 à Bunia dans une atmosphère de profonde consternation. Journalistes, proches, amis et collègues se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à celui qui incarnait, pour beaucoup, une voix crédible de l’information au sein de la RTNC-Ituri.

Mais au-delà du deuil, un constat a suscité une vive indignation : l’absence totale des autorités provinciales et locales, civiles comme militaires. Aucun représentant officiel du gouvernement provincial, du secteur de la communication ni des services sécuritaires n’a été aperçu lors de la cérémonie, un silence jugé lourd de sens par la corporation journalistique.

Cette absence intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes interrogations autour des circonstances de la mort de Thierry Lole. Selon plusieurs journalistes présents et acteurs de la société civile interrogés, son assassinat s’inscrirait dans le climat persistant de criminalité urbaine à Bunia, caractérisé par des violences ciblées, souvent nocturnes, qui continuent de coûter la vie à des civils malgré le régime de l’état de siège en vigueur en Ituri.

Pour de nombreux professionnels des médias, l’absence des autorités aux funérailles fait écho à un malaise plus profond.

« Comment comprendre qu’un journaliste soit assassiné en pleine ville, sous état de siège, et que les autorités brillent encore par leur absence, même lors de son enterrement ? », s’interroge un confrère, visiblement ému.

La comparaison revient avec insistance : un journaliste tué dans un contexte censé renforcer la sécurité, et des autorités absentes au moment du dernier hommage. Pour la presse locale, ce double silence, avant et après la mort alimente un sentiment d’abandon et renforce la perception d’une impunité persistante face aux crimes visant les professionnels des médias.

Les journalistes qui se sont confiés à Ituri.cd dénoncent un manque de reconnaissance institutionnelle, estimant que cette posture contraste avec le rôle central que la presse joue au quotidien dans la communication et la visibilité des actions des autorités provinciales.

Thierry Lole a été inhumé dans la douleur et la dignité, sous les larmes, les hommages et les engagements renouvelés de ses confrères à poursuivre le combat pour une presse libre, protégée et respectée, même dans un contexte sécuritaire dégradé.

Rédaction

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