Bunia : L’appréciation du franc congolais au dollar, hausse des prix des produits au marché, l’inefficacité de la division de l’économie décriée
Malgré l’appréciation de la monnaie congolaise face au dollar américain, des voix s’élèvent pour dénoncer la majoration des prix des produits vivriers et non vivriers.
Le mardi, 21 octobre 2025 à Bunia lors d’une interview à lturi.cd, Samuel Ukethi, le coordonnateur provincial de la Société Civile du Congo (SOCICO), reconnaît les efforts consentis par le gouvernement et la Banque Centrale du Congo (BCC), afin d’aider la population à avoir un pouvoir d’achat avec le franc congolais.
Cependant, il dénonce la faiblesse du service de l’économie dans sa mission de réguler les prix sur le marché.
«Au moment où le gouvernement congolais et la Banque Centrale sont en train de faire un effort pour amener la population congolaise à avoir un pouvoir d’achat avec la monnaie locale, ici en Ituri, c’est de l’anarchie pure et simple qui règne. Tout cela parce qu’il y a un service de l’État qui n’est pas à la hauteur de sa tâche. Par exemple, ici à Bunia, les prix du carburant sont à 3.500 FC, et à quelques mètres, vous allez trouver à 3.800 FC. Maintenant, où est le service de l’économie qui réglemente les prix ? Pourquoi et à cause de quoi les opérateurs économiques sont-ils en train de les fixer à ce niveau-là ? Même ici au marché MONUC, vous allez trouver un article à 10 dollars là-bas, mais dans notre marché, c’est le même article qui coûte entre 15 et 25 dollars à une distance de quelques mètres seulement, et personne n’en parle. Cela doit changer. La Société Civile du Congo va barrer la route à ce genre de pratiques», a-t-il dénoncé Samuel.
Il appelle par ailleurs, le responsable de la division provinciale de l’économie à prendre des mesures strictes contre certains commerçants.
«Nous sommes en train de demander au directeur provincial du service de l’économie de mobiliser ses agents. Nous voulons voir au marché, partout où il y a des opérations d’achat et de vente, que la brigade du service de l’économie soit sur le terrain pour traquer les récalcitrants. Hier, les produits coûtaient 10 dollars, la Banque Centrale dit que c’est à 23.000 FC, et d’autres s’échangent à 2.000 FC. Cela est en train de se faire parce que nous manquons du service attitré à la réglementation des prix. Si cela ne se fait pas, nous n’allons pas tarder à initier des actions de grande envergure. Nous sommes dans la seule province où chaque matin, chacun fixe le prix sans explication, et c’est la population qui en pâtit»,a-t-il ajouté.
Tous nos efforts d’entrer en contact avec le responsable de la division provinciale de l’économie sont restés vains.
Néanmoins, dans sa récente sortie médiatique, le chef de ce service a annoncé des actions disciplinaires contre les commerçants qui continuent à appliquer les anciens tarifs.
Cette situation est déplorée par plusieurs couches de la population. Selon la clinique juridique Droit pour tous de Maître Christian Mugisho, cela est à la base d’un déséquilibre économique et accentue la souffrance des ménages déjà appauvris par la conjoncture économique actuelle.
Rachidi Kudra, depuis Bunia
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