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AGOA : les États-Unis maintiennent l’éligibilité de la RDC jusqu’en 2028

La République démocratique du Congo conserve son éligibilité à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2028. La confirmation a été communiquée jeudi 24 septembre 2026 au ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, lors d’un échange avec Richard C. Nicholson, conseiller administratif à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa.

Adopté en 2000, l’AGOA accorde aux pays d’Afrique subsaharienne éligibles un accès préférentiel au marché américain, notamment en franchise de droits pour plus de 1 800 produits. Le dispositif reste toutefois soumis à des règles d’origine et à des conditions d’éligibilité précises.

Pour la RDC, cette prolongation offre une visibilité supplémentaire aux producteurs et exportateurs qui souhaitent développer leurs débouchés aux États-Unis, notamment dans les filières non minières. Le maintien de l’éligibilité ne garantit cependant pas, à lui seul, une hausse des exportations : les produits doivent répondre aux normes américaines et aux exigences du programme.

Lors de l’entretien, les avancées de la RDC dans plusieurs domaines liés aux critères de l’AGOA ont été évoquées, notamment l’État de droit, le pluralisme politique, la lutte contre la corruption, la protection des droits des travailleurs ainsi que la réduction des obstacles au commerce et aux investissements, selon les informations communiquées par les autorités congolaises.

Julien Paluku a appelé les opérateurs économiques à se préparer à tirer parti de cette ouverture et à se rapprocher de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) afin de mieux maîtriser les normes et conditions d’accès au marché américain. Une liste détaillée des exigences applicables doit notamment être transmise aux autorités congolaises.

L’enjeu est désormais de transformer cet accès préférentiel en exportations concrètes. Cela passe notamment par l’identification des filières porteuses, l’amélioration de la qualité et de la certification des produits, le renforcement des capacités de production et la mise en relation des entreprises congolaises avec les acheteurs américains.

L’entretien entre les deux responsables a également porté sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et sur l’accompagnement américain au processus de paix, notamment dans le cadre de l’accord de Washington.

Avec une échéance désormais fixée à décembre 2028, les producteurs et exportateurs congolais disposent d’un peu plus de deux ans pour mieux se préparer. Le défi pour Kinshasa sera de faire de cette préférence commerciale un véritable levier pour les produits « Made in DRC », les investissements et la création d’emplois.

Saint Olivier ELOIM

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