ITURI : Un géographe alerte sur les conséquences de la guerre sur l’environnement et la biodiversité
Les conflits armés ne constituent pas uniquement une menace pour les vies humaines et les infrastructures.
Ils représentent également un danger pour l’environnement et la biodiversité. Cette préoccupation a été soulevée par Moïse Ulangu, géographe et environnementaliste, à l’occasion de la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé, célébrée ce vendredi 6 novembre 2026.
Selon cet expert, les bombardements et les opérations militaires peuvent provoquer une importante dégradation des écosystèmes, notamment à travers la pollution des sols par des substances dangereuses, dont les métaux lourds. Ces polluants peuvent également atteindre les sources d’eau et exposer les populations à des risques sanitaires qui persistent même après la fin des hostilités.
Moïse Ulangu souligne par ailleurs que les activités militaires contribuent au réchauffement climatique, notamment à travers les émissions de gaz à effet de serre.
Les dégâts occasionnés par les conflits touchent aussi bien l’environnement naturel que l’environnement artificiel, notamment les habitations, les infrastructures et les espaces végétaux.
Évoquant la situation sécuritaire en Ituri, il appelle à une meilleure prise en compte de la protection de l’environnement et des populations civiles dans la conduite des opérations militaires.
Il estime que la neutralisation des positions des groupes armés ne devrait pas entraîner une destruction généralisée des espaces de vie des communautés.
Face à cette situation, le géographe invite les différentes parties impliquées dans les conflits à assumer leurs responsabilités en matière de restauration environnementale.
Il recommande notamment le reboisement des zones forestières dégradées, la reconstruction des habitations détruites ainsi que la restauration des écosystèmes et de la biodiversité.
Il attire également l’attention sur les conséquences environnementales des déplacements massifs des populations.
Selon lui, l’arrivée des personnes déplacées dans les zones d’accueil accentue la pression sur les ressources naturelles, particulièrement à travers la recherche du bois de chauffage et des matériaux de construction.
Pour Moïse Ulangu, la protection de l’environnement en période de conflit armé constitue une responsabilité collective impliquant les forces combattantes, les populations civiles, les autorités locales et nationales ainsi que les partenaires internationaux.
Il plaide ainsi pour des mesures préventives et des actions concrètes de réparation des dommages environnementaux afin de préserver les écosystèmes et les conditions de vie des générations futures.
Rachidi Kudra, depuis Bunia
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