Kasenyi : les pratiques illégales de pêche au cœur de la pénurie de poisson
La raréfaction du poisson sur les marchés de Kasenyi suscite de vives inquiétudes parmi les populations locales, confrontées à une baisse sensible de l’approvisionnement en produits halieutiques.
Contrairement aux explications avancées par certaines vendeuses, qui attribuent cette pénurie aux vents violents enregistrés sur le Lac Albert, les autorités environnementales pointent plutôt des causes liées aux activités humaines.
Dans un entretien accordé ce mercredi au média Ituri.cd, Baptiste Uzele Uparpiu, officier de police judiciaire en matière d’environnement et chef de l’unité de patrouille du site de Kasenyi, met en cause la multiplication des pratiques de pêche non réglementaires dans la région.
Selon lui, l’utilisation de filets prohibés ainsi que l’occupation anarchique des zones de frayères, essentielles à la reproduction des poissons figurent parmi les principaux facteurs à l’origine de la baisse des ressources halieutiques.
« Les vents ne peuvent, à eux seuls, expliquer la pénurie actuelle. L’analyse de la situation sur les sites de Kasenyi et de Tchomia montre une dépendance accrue aux approvisionnements en provenance de l’Ouganda. Cela traduit un affaiblissement de la production locale », a-t-il expliqué.
Dans le territoire d’Irumu, les services de contrôle observent une recrudescence des techniques de pêche destructrices. Ces méthodes, alerte l’officier, compromettent gravement l’équilibre des écosystèmes aquatiques et entravent le renouvellement naturel des stocks.
« Les ressources halieutiques sont déjà sous pression. Si rien n’est fait, la situation pourrait s’aggraver davantage », a-t-il prévenu.
Face à ce constat, les autorités appellent à une stricte application de la réglementation en vigueur. Les pêcheurs sont invités à abandonner les pratiques illégales au profit de techniques autorisées, tandis qu’un déguerpissement des occupants installés dans les zones de reproduction est vivement recommandé.
Cette mise au point intervient au lendemain des déclarations des femmes commerçantes de poisson salé du port de Kasenyi, qui attribuaient la pénurie aux conditions climatiques récentes.
Au-delà des divergences d’explications, les experts s’accordent sur l’urgence d’une gestion durable des ressources du Lac Albert, afin de préserver un secteur vital pour l’économie locale et la sécurité alimentaire.
Joab Tibamwenda, depuis Kasenyi
Share this content:



Laisser un commentaire