Ituri : Recrudescence des attaques des ADF sur plusieurs axes routiers de Mambasa
L’insécurité s’intensifie dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, où les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) multiplient les attaques contre les populations civiles et les usagers des routes. Plusieurs axes stratégiques sont désormais sous menace, provoquant des déplacements massifs des habitants et la paralysie des activités socio-économiques.
Selon la Convention pour le développement des peuples forestiers (CODEPEF), une nouvelle attaque a été enregistrée lundi 30 mars 2026 sur l’axe routier Mambasa–Bunia, à hauteur de Muchanga, situé à une dizaine de kilomètres du centre de Mambasa, dans la chefferie des Babila Bakwanza. Au cours de cette incursion, plusieurs personnes ont été enlevées et des pillages ont été signalés dans des maisons de commerce.
Le coordonnateur de cette structure, maître Laurent Kyeya, déplore une dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’ensemble du territoire.
« Sur les sept chefferies que compte le territoire de Mambasa, la majorité est actuellement sous menace des rebelles ADF. Cette insécurité affecte plusieurs axes routiers importants, notamment Mambasa–Nduye, Mambasa–Kisangani et Mambasa–Beni », a-t-il indiqué.
Cette insécurité persistante entraîne des déplacements massifs des populations, en majorité des femmes cultivatrices, vers le centre de Mambasa. Sur le tronçon Mambasa–Nduye, situé à environ 15 kilomètres du centre, des cas de morts et d’enlèvements sont signalés de manière récurrente, paralysant les activités agricoles, scolaires et sanitaires.
Les axes Mambasa–Kisangani et Mambasa–Beni figurent également parmi les zones les plus exposées aux attaques des groupes armés. Face à cette situation, la CODEPEF appelle les autorités compétentes à renforcer la sécurité afin de protéger les populations et sécuriser les routes utilisées par les cultivateurs et commerçants.
Les attaques des ADF touchent toutes les couches de la population, y compris les enfants, les femmes et les personnes âgées. D’après les données recueillies par cette organisation, plusieurs chefferies du territoire de Mambasa restent sous menace, notamment Babila Bakwanza, Babombi, Teturi, Walesse-Dese, Karo et Bombo.
Par ailleurs, après l’enlèvement de plus de 300 civils dans les villages de Lumalisa et Babungwe, situés dans la chefferie des Babila Bakwanza, des sources locales rapportent que certaines victimes auraient été exécutées, leurs corps restant abandonnés sur place sans sépulture.
Dans plusieurs localités, dont Muchanga, Makokolo, Manya et Mandima, les habitants n’osent plus accéder à leurs champs par crainte d’attaques, ce qui compromet gravement la production agricole et les moyens de subsistance des ménages.
Malgré des interventions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les attaques persistent dans certaines zones. La société civile recommande le renforcement des effectifs militaires et l’adoption de nouvelles stratégies pour contenir la progression des rebelles dans les zones les plus vulnérables.
De son côté, l’administrateur assistant du territoire de Mambasa, le colonel Maxime, a appelé la population au calme, tout en rassurant que les opérations militaires se poursuivent contre les groupes armés dans plusieurs entités coutumières.
Au centre de Mambasa, les activités quotidiennes se poursuivent malgré un climat d’inquiétude lié à l’insécurité persistante dans les zones environnantes.
Olivier Okande, depuis Mambasa
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