Révision de la constitution : Fifi Masuka soutien Félix Tshisekedi « c’est la fille aînée de l’union sacrée qui vous parle»
Lors de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs, la gouverneure de Lualaba, Fifi Masuka, a livré un message à forte portée politique à l’endroit du président Félix Tshisekedi. En se présentant comme « la fille aînée de l’Union sacrée de la nation », elle a affirmé sans détour le soutien de sa province à une éventuelle révision de la Constitution.
Cette déclaration, loin d’être anodine, intervient dans un climat politique où la question constitutionnelle reste l’un des sujets les plus sensibles en République Démocratique du Congo. En se positionnant ainsi, la cheffe de l’exécutif provincial du Lualaba ne se contente pas d’exprimer une opinion locale : elle s’inscrit dans une dynamique nationale visant à structurer un rapport de forces en faveur du pouvoir central.
Une loyauté politique assumée
En revendiquant le statut symbolique de « fille aînée », Fifi Masuka cherche à consolider l’image du Lualaba comme bastion fidèle de la majorité présidentielle. Ce choix rhétorique traduit une volonté de se démarquer au sein de la coalition et de peser dans les orientations stratégiques de l’Union Sacrée de la Nation.
Dans un contexte où les équilibres internes de la majorité évoluent constamment, cette sortie publique peut être perçue comme une manière de renforcer son positionnement politique, tant au niveau provincial que national.
La révision constitutionnelle, un levier politique
Le soutien affiché à une révision de la Constitution relance un débat récurrent en RDC. Derrière cette question se jouent des enjeux majeurs : gouvernance, stabilité institutionnelle, mais aussi perspectives politiques pour les prochaines échéances électorales.
Pour les partisans de cette réforme, il s’agit d’adapter le cadre institutionnel aux réalités actuelles du pays. Pour ses détracteurs, en revanche, toute initiative en ce sens suscite des inquiétudes quant à une possible reconfiguration des règles du jeu politique au profit du pouvoir en place.
Un signal adressé au sommet de l’État
En s’adressant directement à Félix Tshisekedi, Fifi Masuka envoie un double message : un soutien affirmé, mais aussi une invitation implicite à engager le débat. Cette prise de position pourrait encourager d’autres responsables politiques à sortir de leur réserve, contribuant ainsi à structurer les lignes de fracture autour de cette question.
Vers une recomposition du débat national ?
Si aucune initiative formelle n’est encore engagée, les prises de position comme celle de Fifi Masuka participent à installer progressivement la question constitutionnelle au cœur de l’agenda politique.
Elles révèlent aussi les dynamiques internes d’une majorité en quête de cohésion et d’orientation stratégique.
Dans ce contexte, la révision de la Constitution pourrait s’imposer comme l’un des principaux enjeux politiques des mois à venir en République démocratique du Congo, cristallisant à la fois ambitions, alliances et oppositions.
Robyzon Banza
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