RDC : Delly Sessanga dénonce un « clientélisme d’État » à l’origine de l’explosion de la masse salariale
L’opposant congolais Delly Sessanga a vivement critiqué la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo, dénonçant ce qu’il qualifie de « clientélisme d’État » responsable de l’augmentation rapide de la masse salariale.
Lors d’une déclaration faite samedi 21 mars à Kinshasa, l’acteur politique a alerté sur une évolution jugée préoccupante des dépenses salariales de l’État depuis la réélection du président Félix Tshisekedi en 2023.
Selon lui, la masse salariale mensuelle serait passée d’environ 450 milliards à près de 1 000 milliards de francs congolais, une hausse qu’il estime difficile à justifier sur le plan budgétaire.
Des nominations politiques pointées du doigt
Pour Delly Sessanga, cette augmentation ne résulterait pas uniquement des besoins administratifs, mais plutôt d’une multiplication des nominations politiques et de postes qu’il considère comme des emplois de complaisance.
Dans ses propos, il accuse les autorités de favoriser l’intégration de proches du pouvoir dans les circuits de rémunération publique, ce qui, selon lui, fragilise davantage l’équilibre financier de l’État.
« L’État paie aujourd’hui des salaires qu’il ne peut plus supporter, ce qui crée une pression continue sur les finances publiques », a-t-il déclaré.
Une pression accrue sur les finances publiques
Toujours selon l’opposant, la masse salariale absorberait désormais jusqu’à 50 % des recettes courantes de l’État, réduisant considérablement les marges budgétaires nécessaires au financement des secteurs prioritaires.
Il affirme également que le recours aux emprunts, notamment par l’émission de bons du Trésor, deviendrait de plus en plus fréquent pour financer ces charges, une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité économique du pays.
Les effets de cette pression budgétaire seraient déjà perceptibles, notamment dans les secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures, qui peinent à bénéficier des investissements nécessaires.
Un appel à des réformes budgétaires
Au-delà de la critique, Delly Sessanga appelle à une réforme profonde de la gestion des finances publiques. Il plaide pour la réduction des pratiques qu’il qualifie de clientélistes, le renforcement de la discipline budgétaire et une plus grande transparence dans la gestion des ressources de l’État.
Selon lui, ces mesures sont indispensables pour préserver l’équilibre économique du pays et restaurer la confiance des citoyens ainsi que des partenaires internationaux.
Rédaction
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