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Ituri : la SOCICO accorde deux semaines au gouvernement pour le retrait de l’UPDF

La coordination provinciale de la Société civile du Congo (SOCICO) en Ituri appelle le gouvernement congolais à mettre fin à l’accord de mutualisation des forces entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF).

Dans une déclaration publique rendue ce week-end à Bunia, cette structure citoyenne affirme accorder un délai de deux semaines aux autorités congolaises pour obtenir le retrait effectif des troupes de la Uganda People’s Defence Force du territoire congolais. Passé ce délai, la SOCICO prévient qu’elle pourrait organiser des actions citoyennes qu’elle qualifie de responsables afin de défendre les intérêts de la province.

La coordination provinciale justifie sa position par ce qu’elle considère comme des insuffisances et des dérapages dans les opérations menées dans le cadre de la coopération militaire entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et l’armée ougandaise. Selon elle, l’armée congolaise dispose des capacités nécessaires pour assurer seule la défense de l’intégrité territoriale et poursuit déjà des opérations sur plusieurs fronts en Ituri.

La SOCICO affirme également ne pas constater d’opérations militaires visibles menées conjointement par l’UPDF et les FARDC. Elle indique plutôt observer une collaboration plus perceptible entre les FARDC et la MONUSCO, notamment dans l’appui logistique et l’évacuation des blessés.

Par ailleurs, la structure citoyenne dénonce certains incidents signalés dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. Elle accuse des éléments de l’UPDF d’avoir détruit des champs appartenant à des agriculteurs et d’avoir emporté des produits agricoles, notamment du cacao, vers l’Ouganda. Selon la SOCICO, des cultivateurs auraient également été empêchés d’accéder à leurs champs sous prétexte de mesures sécuritaires.

Face à ces accusations, la société civile affirme disposer d’éléments de preuve et estime que la présence de l’armée ougandaise ne répondrait plus aux objectifs sécuritaires initialement fixés dans l’accord de coopération militaire.

À travers cet ultimatum de deux semaines, la SOCICO dit vouloir pousser les autorités congolaises à réévaluer cet accord de mutualisation des forces, qu’elle juge aujourd’hui inefficace pour assurer la sécurité des populations en Ituri.

Rachidi Kudra, depuis Bunia

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