Irumu : un dialogue communautaire réunit Walendu Bindi et Bahema-Sud à Kasenyi sous l’égide de FEPA
Au moins vingt-cinq participants issus de la chefferie de Walendu Bindi et du secteur de Bahema-Sud ont pris part, samedi 20 février 2026 à Kasenyi, à un dialogue communautaire consacré à la cohésion sociale, à la cohabitation pacifique et à la non-violence en territoire d’Irumu (Ituri).
L’initiative est portée par Femmes Engagées pour la Paix en Afrique (FEPA), avec l’appui de Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA). Selon les organisateurs, l’objectif était de renforcer les liens entre les deux entités coutumières à travers un dialogue inclusif et de promouvoir des mécanismes de résolution pacifique des différends.
Contactée par la rédaction de média ituri.cd, la coordonnatrice provinciale de FEPA a souligné la nécessité d’aller au-delà de la simple cohabitation. Elle a appelé les communautés à raviver les valeurs d’amour, de fréquentation mutuelle et de partage d’activités communes.
« La cohésion sociale implique que les populations puissent se visiter, commercer ensemble, passer la nuit dans l’autre entité sans crainte, et vivre sans peur », a déclaré Mme Pétronie Ovile.
À l’issue des travaux en carrefours, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants afin de prévenir les tensions et de consolider la paix locale. La coordonnatrice a insisté pour que ces propositions soient mises en œuvre prioritairement au niveau local, estimant que la stabilité durable dépend avant tout de l’engagement communautaire.
Elle a également encouragé l’organisation prochaine d’activités communes, notamment un match de football, comme symbole de rapprochement entre les deux communautés.
Du côté du secteur de Bahema-Sud, Isabana Yosiya, président des jeunes, a affirmé que Kasenyi reste ouverte à la population de Walendu Bindi, rappelant la diversité ethnique qui caractérise le secteur. Il a invité à dépasser les stéréotypes susceptibles d’alimenter la méfiance.
Pour la chefferie de Walendu Bindi, Ghislain Nguzo a rappelé l’engagement déjà pris en faveur de la paix, évoquant notamment le processus ayant conduit à la signature d’un accord avec le groupe armé Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI).
Selon lui, malgré des incidents isolés, les efforts de sensibilisation menés par les autorités locales ont contribué à réduire les violences. Il a également souligné l’interdépendance économique entre les deux entités, citant les échanges de produits agricoles et halieutiques.
Les deux parties ont finalement pris un engagement commun de mettre en pratique les acquis du dialogue, en misant sur le pardon, l’amour et le développement local comme leviers d’une paix durable.
Saint Olivier Eloim, depuis Gety/Irumu.
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