Irumu / Sécurité : Walendu Bindi et Bahema Sud appelés à préserver leurs liens commerciaux pour une cohabitation pacifique
La société civile de la chefferie de Walendu Bindi appelle la population locale ainsi que celle de Bahema Sud à préserver leurs relations commerciales traditionnelles, afin de consolider la cohabitation pacifique entre les deux communautés, après un incident sécuritaire survenu récemment dans la zone du lac Albert.
Cet appel a été lancé ce mercredi 7 janvier 2026 par Bisengo Frédéric, acteur de la société civile de Walendu Bindi, au micro du média ituri.cd. Cette déclaration intervient après une mission de terrain effectuée lundi dernier à Nyamavi, dans le territoire d’Irumu, afin de s’imprégner de la situation sécuritaire.
Un incident impliquant des motards et l’unité Tigre de la FARDC
Selon la société civile, une altercation survenue le samedi précédent à Malonga et Nyamavi a opposé des conducteurs de motos-taxis à des éléments de l’unité Tigre des FARDC. Des coups de feu ont été tirés, provoquant une panique généralisée dans la zone.
« C’était juste un malentendu. Des balles réelles ont été tirées, des biens ont été pillés au marché, des taximen ont été tabassés. À ce jour, certains sont hospitalisés à Kasenyi et d’autres à Bogoro. Même des motos ont été pillées ou endommagées », a expliqué Bisengo Frédéric.
La société civile insiste sur le fait que cet incident ne doit en aucun cas être interprété comme un conflit tribal. Elle appelle la population à rejeter toute forme de haine communautaire, soulignant que la situation découle exclusivement d’un différend entre des éléments de l’armée et des motards.
« Nous demandons à la population de Walendu Bindi et à celle vivant hors de la chefferie de ne pas tomber dans le conflit tribal. Cet incident ne concerne pas les communautés. C’est une provocation entre l’armée et les taximen. Nous devons continuer nos activités commerciales d’importation et d’exportation », a-t-il conseillé.
Des pratiques dénoncées par la société civile
Selon la société civile, l’incident serait notamment lié à une perception illégale de 1 000 francs congolais imposée aux motards à l’aller comme au retour sur certains axes routiers, une pratique jugée préoccupante et source de tensions.
Face à ces dérives, la société civile de Walendu Bindi, sous la coordination de son président Guillaume Masumbuko, appelle les autorités à agir pour prévenir de nouveaux abus.
La société civile demande au gouvernement provincial de l’Ituri, sous la direction du gouverneur militaire, le général Johnny Luboya Nkashama, de prendre ses responsabilités en instruisant les unités militaires concernées afin de garantir le respect des droits de la population civile.
Elle affirme par ailleurs que plusieurs tentatives de contact avec les autorités militaires pour recueillir leur version des faits sont restées sans réponse jusqu’à présent.
Saint Olivier Eloim, depuis Gety (Irumu)
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