Riposte contre Ebola en Ituri : le CDCRN alerte sur des failles de gouvernance et de coordination
Le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CDCRN) alerte sur plusieurs problèmes de gouvernance dans la gestion de la riposte contre Ebola en Ituri.
L’organisation s’appuie sur les résultats d’une enquête consacrée notamment à la rémunération des agents, à la coordination des interventions et à la gestion logistique.
Selon Dieudonné Kassonia, secrétaire permanent du CDCRN, cette enquête vise à comprendre pourquoi des décès continuent d’être enregistrés malgré les différentes mesures annoncées par les autorités.
Parmi les éléments relevés figurent des écarts présumés dans la rémunération d’agents travaillant dans les mêmes centres de traitement. Dieudonné Kassonia évoque des montants variant entre 100 et 500 dollars selon les agents.
L’enquête fait également état d’écarts qui auraient été constatés entre les montants annoncés et ceux effectivement versés dans certaines zones de santé, notamment à Bogoro, Rwampara et Mungwalu.
Le CDCRN soulève par ailleurs des interrogations sur la gestion logistique de la riposte, notamment concernant certaines dépenses liées au transport, aux équipements, à l’hébergement ainsi qu’aux primes des policiers et militaires affectés à la sécurisation des sites.
L’organisation évoque également l’existence présumée d’« agents fantômes » et rappelle que la numérisation ainsi que le paiement bancaire avaient été proposés pour renforcer le contrôle des bénéficiaires.
Pour le CDCRN, ces difficultés ne sont pas seulement d’ordre financier.
Elles pourraient également affecter l’efficacité de la riposte et, par conséquent, la protection des populations.
L’organisation appelle ainsi à davantage de transparence, à une meilleure gouvernance des ressources et à une coordination renforcée entre les différents acteurs engagés dans la lutte contre Ebola.
Le CDCRN précise toutefois que les éléments présentés constituent les résultats de son enquête.
Les éventuelles irrégularités financières ou faits susceptibles de constituer des infractions devront être vérifiés par les mécanismes compétents de contrôle ou de justice.
Rachidi Kudra, depuis Bunia
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