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Ituri : « Nous n’avons pas encore reçu les informations officielles », les journalistes dénoncent le silence sur la situation sécuritaire

À l’occasion de la Journée internationale de l’accès à l’information, célébrée ce lundi 28 septembre, les journalistes de l’Ituri alertent sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la collecte et le traitement des informations, particulièrement celles liées à la situation sécuritaire.

Selon Rachidi Kudra, porte-parole du Collectif des Journalistes de l’Ituri, le contexte sécuritaire impose aux professionnels des médias une grande prudence dans le traitement des informations sensibles.

Il évoque notamment l’autocensure, les restrictions d’accès à certaines zones et les difficultés d’obtenir des communications officielles sur les opérations militaires et les affrontements.
« Nous avons nous-mêmes instauré l’autocensure parce qu’on n’est pas censé tout livrer.

Si on donne toutes les informations, on a peur que cela puisse envenimer davantage la situation », explique-t-il.

Le manque ou le retard de communication officielle constitue également une préoccupation majeure.

Le porte-parole du collectif cite notamment les informations faisant état d’affrontements à Gina, dans le territoire de Djugu, pour lesquels les journalistes disent être toujours dans l’attente d’une version officielle.
« Nous n’avons pas encore reçu les informations officielles.

Nous ne savons pas, à ce stade actuel, qui peut communiquer au nom des autorités ou du gouvernement provincial », déplore Rachidi Kudra.
L’accès aux zones affectées par les violences reste par ailleurs difficile.

Dans plusieurs secteurs considérés comme dangereux, les journalistes ne peuvent se déplacer sans garanties suffisantes pour leur sécurité.

« Un journaliste ne peut pas s’engager d’aller dans une zone rouge sans avoir la protection, sans avoir l’assurance de sa protection », souligne-t-il.

Face à ces contraintes, les professionnels des médias multiplient les contacts avec des sources locales afin de vérifier les informations.

Une démarche qui reste parfois compliquée, certaines sources étant difficiles à joindre ou hésitant à s’exprimer sur les questions sécuritaires.

Le Collectif des Journalistes de l’Ituri indique néanmoins poursuivre le dialogue avec les autorités en vue de mettre en place des mécanismes permettant d’améliorer l’accès aux informations d’intérêt public, tout en tenant compte des impératifs liés à la sécurité.

En cette Journée internationale de l’accès à l’information, les journalistes de l’Ituri appellent ainsi à une communication officielle plus régulière et accessible, afin de faciliter leur travail et de permettre au public de disposer d’informations fiables sur la situation sécuritaire dans la province.

Robyzon Banza

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