Congo-Brazzaville : l’OCDH affirme avoir recensé 561 personnes portées disparues dans l’opération « Zéro kuluna »
L’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) affirme avoir documenté 561 cas de personnes portées disparues dans le cadre de l’opération « Zéro kuluna », lancée en septembre 2025 pour lutter contre la criminalité urbaine en République du Congo. L’organisation a présenté les résultats de son enquête mardi 22 septembre 2026, après une année de collecte de témoignages auprès des familles.
Selon l’OCDH, les cas recensés concernent principalement Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi. L’organisation affirme que la majorité des personnes concernées sont de jeunes hommes, tandis que plusieurs mineurs figureraient également parmi les cas documentés. Elle précise que le chiffre de 561 constitue le résultat de son travail de documentation et non une décision de justice établissant les circonstances de chaque disparition.
L’opération « Zéro kuluna » avait été confiée en septembre 2025 à la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP), sur instruction du président Denis Sassou Nguesso. Elle vise à lutter contre les bandes de jeunes communément désignées sous le terme de « kuluna » ou de « bébés noirs ». L’OCDH conteste toutefois le choix de confier cette mission à un service chargé de la sécurité présidentielle plutôt qu’aux services ordinaires de sécurité et de justice.
Dans son rapport, l’organisation rapporte également des témoignages de familles décrivant des interpellations nocturnes et parfois violentes. Parmi eux, Dieudonné affirme que son fils, âgé de 19 ans et qui préparait son baccalauréat, aurait été arrêté à son domicile par des hommes cagoulés se présentant comme des agents de la DGSP. Depuis cette interpellation, la famille dit être sans nouvelles du jeune homme. D’autres proches décrivent une situation similaire et demandent aux autorités de clarifier le sort des personnes arrêtées.
Face à cette situation, l’OCDH demande que l’opération soit davantage encadrée par les mécanismes judiciaires. Son président du conseil d’administration, Parfait Moukoko, estime que les personnes interpellées doivent être présentées devant les juridictions compétentes et bénéficier des garanties liées à leur défense. L’organisation demande également aux autorités de communiquer sur le lieu de détention des personnes recherchées et d’établir les circonstances concernant d’éventuels décès en détention.
L’OCDH réclame enfin une clarification officielle sur le sort des 561 personnes recensées dans son enquête. Elle demande notamment des investigations indépendantes et impartiales, la publication officielle des personnes arrêtées et un meilleur encadrement judiciaire de l’opération. À ce stade, les éléments consultés ne font pas état d’une réponse officielle de la DGSP ou des autorités congolaises aux conclusions présentées par l’organisation.
Saint Olivier Eloim
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